Schéma adapté et traduit du texte « Le triangle de la reconnaissance automatique » (page 6 figure 1).
Le premier élément est la qualité. Cela fait référence à l'accréditation ou à la reconnaissance d'un établissement ou d'un programme et à l'assurance qualité qui est mise en place dans un pays donné. Si l'établissement qui propose la qualification n'est pas reconnu, la qualification ne peut être prise en considération dans le cadre de la reconnaissance automatique.
Le niveau fait référence au niveau de la qualification dans le cadre national des certifications. Il est important de savoir que dans ce cas, la qualification doit donner accès au niveau supérieur du cadre national des certifications.
La charge de travail, quant à elle, renvoie aux crédits ECTS et à la durée officielle du programme. Habituellement, ces éléments sont standardisés par niveau dans un système éducatif. Ces trois éléments concernent le niveau systémique et devraient permettre une prise en compte de la qualification pour un accès général. Autrement dit, l'accès automatique à une qualification au niveau supérieur du cadre national des certifications.
Cependant, pour les deux derniers des cinq éléments, la situation est différente. Ils sont spécifiques au programme et diffèrent d'un programme à l'autre. Le profil renvoie à la mise en œuvre du programme, de son contenu, et à la structure générale du programme, tel qu'une simple ou double spécialisation, une combinaison de matières principales et secondaires, un profil opérationnel ou théorique, un stage, un mémoire etc., et, bien évidemment, le domaine d'études dudit programme.
Les résultats d'apprentissage font référence aux capacités, aux savoirs et aux compétences d'un étudiant à la fin du programme, soit les acquis.
Les établissements d'enseignement supérieur peuvent établir des critères additionnels d'admission : la finalisation d’un programme, l’obtention d’une certaine moyenne, l’acquisition de compétences linguistiques, etc. C'est à l'établissement d'enseignement supérieur de décider. Ainsi, la reconnaissance automatique ne signifie pas que l'établissement d'enseignement supérieur n'a plus son mot à dire en la matière et cela ne signifie pas admission automatique. Il reste nécessaire de vérifier plusieurs éléments tels que les accréditations, l’authenticité du diplôme, ou encore la charge de travail, mais la procédure sera plus courte.
Par exemple, un détenteur d'une licence en histoire est candidat à un master en mathématiques. Le(la) chargé(e) d'admission examine la qualification en vue de l'accès à la formation et vérifie les trois premiers éléments relatifs au niveau systémique et ceux-ci sont conformes. Toutefois, le profil et les résultats d'apprentissage de la licence d'histoire ne sont pas pertinents pour le master en mathématiques. Même si les prérequis au niveau systémique sont respectés, ces derniers ne le sont pas au niveau du programme et l'étudiant ne sera sans doute pas admis. Utiliser ces cinq éléments pour la reconnaissance automatique signifie que la pratique de l’établissement de la reconnaissance est conforme à la Convention de Lisbonne.
Les modèles
En 2015, les ministres de l'Espace européen de l'enseignement supérieur (EEES) se sont engagés, dans le communiqué d'Erevan, à faire de la reconnaissance automatique une réalité d'ici 2025. Dans le cadre de la rédaction d’un document de référence pour la reconnaissance automatique, une analyse des systèmes actuels de reconnaissance automatique dans l'Espace européen de l'enseignement supérieur a permis de distinguer les quatre modèles de reconnaissance automatique suivants :
- Accords légaux bilatéraux et multilatéraux juridiquement contraignants
Il s'agit de traités entre deux ou plusieurs pays qui prévoient une reconnaissance automatique de leurs qualifications respectives.
> Exemple du Bénélux
- Une liste unilatérale des pays et qualifications étrangères juridiquement contraignante
Cela signifie qu'un pays établit une liste des qualifications étrangères qui peuvent être automatiquement reconnues.
> Exemple du Portugal
- Accords bilatéraux et multilatéraux non contraignants juridiquement
> le manuel nordique-balte et les accords de la région adriatique sont de bons exemples de ce modèle.
- Reconnaissance automatique « de facto »
Lorsqu’un service de reconnaissance ou des admissions applique tout simplement la reconnaissance automatique.
Le modèle de reconnaissance « de facto » est plus facile à mettre en place du fait de la simplicité de la procédure. Il y a un certain nombre de critères et il suffit de les appliquer. Les modèles juridiquement contraignants peuvent demander plus de travail. En effet, il faut, par exemple, négocier un traité, ou passer par une procédure juridique. Il y a cependant des avantages indéniables à avoir une reconnaissance automatique juridiquement contraignante. Quant au modèle à utiliser, ou qu'il est préférable d'utiliser, cela dépend du contexte national. De plus, plusieurs modèles peuvent être utilisés simultanément. Par exemple, si un groupe de pays a mis en place un traité juridiquement contraignant, il est toujours possible d’effectuer une reconnaissance automatique pour un autre groupe de pays. Ou alors, si la reconnaissance automatique pour tous les pays d'EEES éligibles est déjà appliquée, il est aussi possible de pratiquer la reconnaissance automatique pour les pays hors de l'EEES. Cependant, il s’agit déjà d’un autre débat.
En France, il existe deux types de reconnaissance automatique. La reconnaissance automatique « de facto », la plus répandue et les accords bilatéraux non contraignants juridiquement. Par exemple :
Au niveau européen, plusieurs pays ont déjà mis en place des procédures et outils visant à faciliter la reconnaissance automatique. Ces initiatives sont conçues pour harmoniser les processus de reconnaissance des qualifications, ce qui facilite la mobilité. En outre, des accords régionaux ont été conclus entre pays partageant des frontières ou des intérêts communs. Par exemple, dans la région de la mer Baltique, des mesures ont été prises pour simplifier la reconnaissance des qualifications, favorisant ainsi la mobilité entre ces pays. De même, des accords entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, ainsi qu'en mer Adriatique, ont été mis en place pour encourager la coopération et la fluidité des échanges. Ces initiatives démontrent l'engagement des États membres à promouvoir la libre circulation des qualifications dans l'espace européen.