FOCAALE - Synthèse comparative de la recherche

4 Comment, entre autres, faire épanouir 85 244 demandeurs d’asile ? Ce chiffre enregistré en 2016 en France (qui a certainement augmenté considérablement aujourd’hui) semble dérouter les services publics et privés à la fois : 5900 personnes proviennent du Soudan, 5600 personnes proviennent d’Afghanistan, 5600 personnes proviennent d’Albanie, 4900 personnes proviennent d’Haïti et 3600 personnes proviennent de Syrie. On le sait toutes et tous, la bonne volonté ne suffit pas, il faudrait qu’elle se transforme par des actes stratégiques, comme on le dit si bien au Québec, il faudrait que les bottines suivent les babines. Force est de rappeler aussi qu’il ne s’agit pas du premier flux migratoire, puisqu’entre 1998 et 2001, un grand nombre de personnes originaires des Balkans ont immigré vers les pays d’Europe de l’Ouest. Ce flux a contribué à combler un besoin croissant, à savoir la création des premiers centres de réfugiés 6 . De 1998 à aujourd’hui, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée. Les enseignant(e)s de français demeurent peu ou prou formé(e)s à la problématique migratoire et se retrouvent dépourvus face aux personnes non scolarisées. En outre, on sait que « la langue est souvent un handicap dans la démarche d’intégration sociale, y compris pour les citoyens les moins favorisés de nos sociétés, souvent stigmatisés pour leur sociolecte ou leurs transgressions du code à l’écrit, mais a fortiori pour les nouveaux arrivants, issus de cultures aux usages différents » 7 . C’est dans ce sens qu’abondent les recherches de l’Approche neurolinguistique (ANL) au Canada, menées par Claude Germain et Joan Netten, traçant le lien étroit entre le cercle/cycle suivant : l’oral qui aboutit à la lecture, ensuite à l’écriture, puis à la lecture de nouveau avant de boucler la boucle avec l’oral (point de départ et d’arrivée) pour une communication optimale dans la société en général et dans la société d’accueil en particulier. Figure 2. Cycle de littératie pour l’ANL Afin de pouvoir lire et écrire, quel processus d’alphabétisation recommander pour les migrant(e)s non alphabètes sachant que l’acquisition de la langue écrite repose sur des opérations mentales très différentes en fonction de la scolarité antérieure ? L’apprentissage de l’écrit en français avec des publics allophones se fait nécessairement en parallèle avec l’apprentissage de l’oral. On ne peut développer les compétences scripturales (écriture) et de littératie (lecture) sans accès préalable au 6 Jean Constant, Lire et Écrire, Actes des journées d’études, Les associations d’enseignants de français et les publics migrants, FIPF, Bruxelles, 6-7 décembre 2017, p. 22. 7 Stéphane Lopez, OIF, Actes des journées d’études, Les associations d’enseignants de français et les publics migrants, FIPF, Bruxelles, 6-7 décembre 2017, p.13.

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