FOCAALE - Synthèse comparative de la recherche

27 2008). « Les descripteurs d’objectifs et les situations de communication à traiter sont les mêmes (que pour les lecteurs avérés), les situations rencontrées dans leur vie quotidienne, en particulier ». Différentes approches répondent à ce modèle interactif et spiralaire, la méthode naturelle notamment, que nous allons aborder plus en détail. Citons également des initiatives reprises dans notre état des lieux, plutôt axées sur l’oral, comme l’appropriation de langue via des espaces culturels (Patricia Alen et Altay Manço, 2012). Les apports de la méthode naturelle et de l’approche actionnelle Dans la méthode naturelle, lire, écrire et relire deviennent des activités indissociables et menées en interaction (De Keyser, 2010). La conceptualisation de l’écrit s’acquiert par la pratique. La méthode naturelle se base sur le principe du complexe au complexe. Elle est interactive et spiralaire. La spécificité de la méthode naturelle réside dans l’interaction constante entre le sens et le code : ils sont traités dans un contexte énoncé. Les mots identifiés entraînent des analogies qui créent, à leur tour, de nouvelles ouvertures. Cette méthode se construit au départ de livres et de textes, le dernier niveau traité est toujours la syllabe. Il s’agit d’une démarche pédagogique de Danielle de Keyser, inspirée des principes Freinet et largement expliquée dans la littérature, comme en témoigne la partie bibliographique de l’état des lieux y consacrée. Cette démarche s’appuie sur les connaissances et les dires de l’apprenant (comme les récits de vie mentionnés dans le choix des supports), sur les textes de l’environnement et sur l’environnement (les documents authentiques de la vie quotidienne). Elle permet de lire partout, de faire sans cesse le lien entre la classe et ce qui se passe au-delà. La démarche méthodique permet d’élaborer chez l’apprenant un savoir-faire transférable dans d’autres domaines d’apprentissage. Et la mise en lien permet d’obtenir des résultats gratifiants et à long terme. L’apprenant est placé en situation de chercheur face à l’écrit. Il devient détective face à la langue écrite. Les outils sont structurés de telle façon qu’ils donnent aux apprenants les moyens d’agir de manière autonome (Stercq Catherine, 2008). Dans l’approche actionnelle, « l’usager et l’apprenant d’une langue sont avant tout considérés comme acteur social ayant à accomplir des tâches, qui ne sont pas seulement langagières, dans des circonstances et un environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier. Si les actes de parole se réalisent dans des activités langagières, celles-ci s’inscrivent elles-mêmes à l’intérieur d’actions en contexte social qui seules leur donnent leur pleine signification » (Mariela de Ferrari, 2010). Une des premières choses à travailler avec les apprenants, c’est la nature et la fonction des principaux écrits auxquels un adulte en situation d’immersion est confronté. Ils acquièrent ainsi un répertoire de mots outils et de mots lexicaux qu’ils peuvent identifier de façon globale dans leur contexte. Ces approches s’appuient sur les savoirs et les savoir-faire. Elles ont pour principe la confiance dans les potentialités de l’apprenant, acteur de son apprentissage, et permettent d’augmenter le sentiment de compétence, de soutenir les apprenants dans l’estime d’eux-mêmes.

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